Oui, et davantage qu'en 2023. Mais l'équation a changé trois fois en dix huit mois, et ceux qui n'ont pas ajusté leur exploitation ont vu leur rendement fondre sans comprendre pourquoi. Voici l'état réel du marché, chiffres à l'appui.
Commençons par nommer ce qui a réellement changé, parce que c'est la source de toutes les inquiétudes.
Les frais de plateforme. Airbnb applique désormais des frais uniques de 15,5 % prélevés entièrement sur l'hôte, là où le propriétaire ne supportait auparavant qu'environ 3 %. Pour qui n'a pas touché à ses tarifs, c'est une perte sèche d'environ 13 % de revenu net.
La fiscalité. La loi Le Meur a divisé par deux les paramètres du micro BIC pour les meublés de tourisme : 30 % d'abattement et 15 000 euros de plafond pour un logement non classé, contre 50 % et 77 700 euros jusqu'en 2024.
La réglementation. Enregistrement généralisé, plafonds de nuitées abaissables à 90 jours, vote en copropriété facilité. Notre article sur la réglementation détaille les démarches.
Trois durcissements réels. Et pourtant la réponse à la question reste oui, pour une raison simple : le revenu, lui, n'a pas baissé.
Reprenons le studio parisien de 30 m2 qui sert de fil rouge à ce blog, acheté 300 000 euros.
Exploité en courte durée avec une tarification ajustée, il dégage environ 37 800 euros de revenu brut annuel, soit 12,6 % de rendement brut, et de l'ordre de 23 400 euros nets avant impôt, soit 7,8 % de rendement net.
Le même bien en location classique est plafonné par l'encadrement autour de 13 200 euros bruts, soit 4,4 % brut, et environ 10 600 euros nets, soit 3,5 % de rendement net.
Autrement dit, même après les trois chocs, la courte durée produit encore plus du double du rendement de la longue durée sur le même capital. Le détail du calcul figure dans notre comparatif courte durée contre longue durée.
Deux forces se compensent, et l'une est largement sous estimée.
La demande bat des records. L'Île de France a enregistré 89,7 millions de nuitées dans les hébergements touristiques en 2025, en hausse de 8 % sur un an, et l'été 2025 avait déjà établi un record de fréquentation. La saison d'hiver 2026 progresse encore de 1,8 % au niveau national, portée par la clientèle internationale. Le marché ne se contracte pas, il grossit.
L'offre se contracte. C'est l'effet paradoxal de la réglementation. Chaque logement non déclaré qui sort du marché, chaque copropriété qui vote l'interdiction, chaque propriétaire qui abandonne devant la complexité administrative, c'est un concurrent de moins pour ceux qui restent en règle.
Plus de demande, moins d'offre : la réglementation, que beaucoup voient comme une menace, protège en réalité les exploitants sérieux. Elle a transformé un marché où n'importe qui pouvait entrer en un marché à barrière d'entrée, et les barrières d'entrée soutiennent les prix.
Le rendement ne dépend plus seulement du bien, il dépend de quatre décisions. Aucune n'est compliquée, toutes se prennent une fois.
Soyons directs, tout le monde ne gagne pas. Cinq profils souffrent réellement aujourd'hui.
Aucun de ces cinq problèmes n'est un problème de marché. Ce sont des problèmes d'exploitation, et ils se corrigent.
La vague réglementaire est désormais largement passée : la loi Le Meur a produit ses textes d'application, le portail national d'enregistrement est en place, les règles sont connues. L'incertitude qui a paralysé beaucoup d'investisseurs en 2025 se lève.
Ce qui reste, c'est un marché plus exigeant, plus professionnel, avec moins d'amateurs et des rendements qui récompensent la qualité d'exploitation plutôt que la simple mise en ligne d'une annonce. Pour un investisseur sérieux, c'est une bonne nouvelle.
Airbnb reste nettement plus rentable que la location classique en 2026, avec un rendement net de l'ordre du double sur un bien comparable. Les trois durcissements sont réels, mais ils se compensent par quatre arbitrages simples : classer, choisir le bon régime fiscal, réajuster les prix, piloter l'occupation.
La vraie question n'est plus de savoir si le marché est encore porteur, elle est de savoir si votre bien est correctement exploité. Et cela, cela se mesure.
Sources de fréquentation : Insee et Choose Paris Region. Les montants cités sont des ordres de grandeur observés sur des biens comparables et ne constituent pas une garantie de revenus. Cet article ne remplace pas un conseil fiscal personnalisé.
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