Tous les logements ne se valent pas en courte durée, et l'écart entre un bien adapté et un bien qui ne l'est pas se compte en dizaines de milliers d'euros par an. Voici la grille que nous utilisons pour trancher, dans l'ordre où nous l'appliquons.
Commencez toujours par là. Ces quatre points ne se négocient pas, et il est inutile d'étudier l'emplacement si l'un d'eux bloque.
Votre commune. Applique t elle le changement d'usage ? Quel plafond de nuitées a t elle fixé, 120 ou 90 ? Une seule question à poser au service urbanisme, et elle détermine tout le reste.
Votre copropriété. Le règlement interdit il l'activité commerciale ou la location de courte durée ? Comporte t il une clause d'habitation bourgeoise exclusive ? Ces deux mentions se lisent en dix minutes et priment sur toute autorisation de la mairie.
Votre situation. Si vous êtes locataire, l'accord écrit du bailleur est indispensable. Sans lui, le sujet est clos.
Votre diagnostic énergétique. Une classe E est désormais le minimum exigé pour toute nouvelle autorisation de changement d'usage. Un bien classé F ou G doit d'abord être amélioré.
Le détail de ces quatre démarches figure dans notre article sur la réglementation.
C'est le facteur numéro un du taux d'occupation, et il ne se corrige jamais.
La règle que nous appliquons est simple : votre logement doit être à moins de dix minutes à pied d'une station de métro, de tramway ou d'une gare. Au delà, le taux d'occupation décroche, quelle que soit la qualité de l'aménagement.
Ensuite, la question est de savoir quelle clientèle votre quartier attire, car elles n'ont pas les mêmes exigences.
Un bon bien coche au moins deux de ces trois clientèles. C'est ce qui lisse l'occupation sur l'année au lieu de la concentrer sur trois mois.
Les studios et les deux pièces obtiennent les meilleurs taux d'occupation et le meilleur revenu au mètre carré. Ils s'adressent au segment le plus large, couples et voyageurs seuls, et leur ménage est rapide, donc peu coûteux.
Les trois pièces et plus visent les familles et les groupes. Le prix à la nuit est nettement supérieur, mais les séjours sont plus concentrés sur les vacances scolaires et le ménage coûte davantage. C'est un excellent choix dans une ville touristique, un choix plus risqué dans une ville d'affaires.
Deux configurations méritent une attention particulière. Un logement avec une vraie chambre séparée se loue mieux qu'un studio de surface équivalente, parce qu'il permet d'accueillir deux couples ou une famille. Et un couchage supplémentaire, même sur un canapé convertible de qualité, élargit considérablement l'audience de l'annonce.
Une fois l'emplacement acquis, ces éléments expliquent l'essentiel de l'écart entre deux logements voisins.
Cinq situations méritent une vraie réflexion avant de se lancer.
Vous n'avez besoin d'aucun outil payant pour obtenir une première réponse fiable.
Ouvrez Airbnb, cherchez votre adresse et identifiez cinq logements comparables au vôtre dans un rayon de cinq cents mètres, en surface et en nombre de couchages. C'est ce qu'on appelle votre compset, contraction de competitive set, c'est à dire l'ensemble des logements avec lesquels vous serez réellement en concurrence.
Relevez leur prix à la nuit pour un week end dans deux mois, puis ouvrez leur calendrier et comptez les nuits déjà réservées sur les trente prochains jours. Vous obtenez en quelques minutes un ordre de grandeur du prix moyen et du taux d'occupation de votre micro marché.
Si aucun logement comparable n'existe dans ce rayon, ce n'est pas nécessairement mauvais signe, cela peut signaler une offre rare. Mais cela mérite une vérification plus sérieuse avant d'investir.
Un logement qui échoue sur un seul critère n'est pas un mauvais logement, c'est souvent un logement destiné à une autre exploitation.
Une commune qui plafonne sévèrement les nuitées, une copropriété réticente ou un emplacement excentré orientent naturellement vers la moyenne durée et le bail mobilité. Le rendement reste très supérieur à la location classique, sans les contraintes du meublé de tourisme.
C'est une réorientation, pas un échec, et elle se décide avant d'acheter ou avant de meubler, pas après.
Vérifiez d'abord ce qui est éliminatoire, commune, copropriété, bail et diagnostic énergétique. Vérifiez ensuite l'emplacement, qui ne se corrige jamais. Le reste, aménagement, équipement et confort, se travaille et s'améliore.
Un bien bien situé mais mal aménagé est un bon projet. Un bien parfaitement aménagé mais mal situé restera un problème. C'est dans cet ordre qu'il faut regarder.
Si vous hésitez, nous faisons cette analyse gratuitement, avec les données réelles de votre quartier et un avis franc, y compris quand la réponse est non.
Les critères présentés sont ceux que nous appliquons sur nos zones d'intervention. Les règles d'urbanisme et de copropriété varient d'une commune et d'un immeuble à l'autre : seule votre mairie et votre syndic peuvent confirmer ce qui s'applique à votre logement.
Nous appliquons cette grille à votre bien, avec les données réelles de votre quartier, et nous vous disons ce qu'il peut générer. Y compris quand la réponse est non. Sans engagement.
Demander mon audit gratuit →